Notre séjour
26/02/2009 10:56 Commentez cet article

Nouvelle nuit de violences à Fort-de-France

Plusieurs magasins ont été pillés dans la nuit de mercredi à jeudi et la capitale semblait en état de siège.
Dans les rues, les casseurs, masqués ou cagoulés pour la plupart, semblaient décidés à mettre la ville à sac.

 franceantilles.fr 26.02.2009


Des dizaines voire des centaines de casseurs ont fait passer une nuit très difficile à Fort-de-France. Au fil des heures, les violences urbaines se sont installées dans une capitale sous le choc.
"On entend des détonations. Tous les voisins ont fermé leurs volets et sont cloîtrés. Il y a des rumeurs qui circulent dans tous les sens et le réseau des téléphones portables est saturé". C'est quasiment une soirée en état de siège que racontait mercredi soir une étudiante foyalaise. De son appartement de boulevard de la Pointe des Nègres, elle vivait au rythme des détonations. "On entend que ça chauffe un peu plus loin, sans doute du côté de l'Hyper U ou de la cité Ozanam, mais on ne sait pas exactement ce qui se passe et il est hors de question de sortir pour aller voir."
Pas question de sortir non plus pour cette autre jeune femme. Aux Terres Sainville, c'est depuis sa fenêtre qu'elle observe la rue. "J'ai vu passer des dizaines de mecs cagoulés à pied ou en scooter. Ils remontaient la rue avec du matériel hi-fi visiblement. Certains faisaient le guet, d'autres étaient tout simplement spectateurs. J'ai aussi entendu pas mal de tirs de lacrymogènes, mais les policiers ne remontent pas jusque vers les extérieurs de la ville. Parmi les images qui m'ont marquée, il y a celle d'un homme avec un cocktail Molotov dans une bouteille de rhum Saint-Etienne."

Un peu plus loin, vers le centre ville, il y a pourtant beaucoup de badauds dans les rues. Attirés par le bruit, l'odeur de poudre et l'électricité dans l'air, ils sont venus voir la folie s'emparer de la ville.
"Il y a un tracteur dans la devanture de l'Intersport à Dillon ! " raconte un journaliste appareil photo en main. "Il y a eu un début de pillage, mais désormais les gendarmes sont sur place pour sécuriser le magasin. Pas très loin, il y a aussi eu des pillages à Carrefour Dillon et à Cyber H. Les casseurs ont foncé dans les rideaux avec des voitures. On a vu des personnes quitter le magasin en courant avec des ordinateurs dans les mains. On voit s'installer un rapport de force entre les casseurs et les forces de l'ordre très présentes, surtout sur le centre ville. Les premiers jettent des pierres et tout ce qui leur tombe sous la main, les seconds répondent avec des gaz lacrymogènes. Dans les rues, il y a aussi des barrages dont certains sont en feu. Il y en a eu par exemple  face aux stations de Sainte-Thérèse."
Aucun bilan officiel n'a pour l'instant été communiqué sur cette deuxième nuit de violences urbaines.
Lors de la première vague, dans la nuit de mardi à mercredi, 27 personnes ont été interpellées. La plupart doivent être présentées à la justice dans la journée.

 

ECRIRE UN COMMENTAIRE ? Cliquez-ici !